Indexation des comptes rendus des débats : Alberta Hansard

Le système politique du Canada repose sur le fédéralisme, qui s’articule autour du Parlement national et des assemblées législatives des dix provinces et des trois territoires. Toutes ces institutions produisent, pendant les sessions parlementaires, un compte rendu officiel des débats qui porte pour titre officieux le « hansard ». L’Assemblée législative de l’Alberta a nommé sa publication Alberta Hansard. Le titre varie d’une assemblée à l’autre, mais il inclut souvent le terme « débats » ou « compte rendu officiel ». Le nom « hansard » vient de la famille Hansard, les premiers éditeurs autorisés à imprimer le compte rendu officiel des débats parlementaires britanniques au 19e siècle. Le gouvernement fédéral canadien a établi son service de compte rendu en 1880; l’Alberta l’a fait plus récemment, en 1972.

L’Alberta Hansard reproduit intégralement les délibérations de l’Assemblée législative de l’Alberta. Il rapporte mot à mot les débats qui ont lieu quotidiennement pendant une session, constituant ainsi un registre historique qui renseigne sur la raison d’être des décisions prises, les mesures adoptées et les projets de loi votés.

La consignation des débats se fait tout au long de la journée en segments de cinq ou dix minutes, qui sont ensuite transcrits dans un document non officiel partiellement révisé, appelé les « bleus » en raison du papier bleu autrefois utilisé pour vérifier la disposition des éléments sur une page. Les bleus sont distribués aux députés pour leur donner la chance de corriger les erreurs flagrantes, mais il faut noter que ceux-ci n’ont absolument pas le droit de modifier ce qui a été dit. Après la transcription initiale, les segments de cinq et de dix minutes sont combinés en segments d’une demi-heure qui peuvent faire l’objet de modifications plus approfondies, à la suite de quoi ils sont fondus en un seul document. La transcription finale, qui est le compte rendu de la journée, est ensuite envoyée à un éditeur commercial. Celui-ci imprime le document pendant la nuit et le livre en début de matinée au bureau du hansard, qui le transmet au bureau de chaque député

L’index est établi à partir de la version finale publiée. L’indexation commence dès la réception du hansard imprimé. Chaque point traité dans le compte rendu de la journée est indexé en fonction de politiques spécifiques. Par exemple, les projets de loi sont indexés selon leur titre, leur numéro et un ou deux sujets descriptifs. Les données de l’index sont entrées quotidiennement, et un imprimé hebdomadaire est distribué aux agents supérieurs de l’Assemblée, à la bibliothèque et au bureau de chaque caucus. À la fin de la session, l’index est révisé, soumis à une correction d’épreuves, puis publié dans les volumes reliés de la session. Un autre exemplaire de l’index, broché celui-là, parvient aux abonnés des numéros quotidiens du hansard. Au bureau du hansard, l’index sert à répondre aux questions des députés, de leurs attachés de recherche, des agents supérieurs de l’Assemblée et du grand public.

En ce qui concerne la désignation des sujets, l’indexation des comptes rendus parlementaires pose parfois des difficultés bien particulières. À l’occasion, les différences d’idéologie politique font que le choix d’un titre satisfaisant nécessite toute une réflexion. Il y a quelques années, un débat avait cours au sujet des médecins autorisés à demander aux patients des honoraires supérieurs au barème prévu par le régime provincial d’assurance-maladie. Le parti majoritaire de l’époque à la Chambre appelait cette pratique « balance billing » (facturation du solde) : selon lui, le régime provincial d’assurance-maladie payait une partie du montant que valait le service offert et le patient payait le solde. Le parti politique de l’opposition parlait d’« extra billing » (surfacturation) : à ses yeux, le service avait la valeur prévue par le régime d’assurance-maladie et le patient payait un surplus. D’autres encore désignaient cette forme de facturation sous le vocable de « second billing » (deuxième facturation). Quel terme l’indexeur devait-il choisir? Dans ce cas, c’est le terme « balance billing » qui a été retenu, étant donné que la majorité des députés qui traitaient de la question l’utilisaient. La plupart de ces députés appartenaient au parti majoritaire, ce qui montre bien que, parfois, l’index reflète la composition de l’assemblée législative. Cependant, pour faciliter la recherche, on a fait des renvois à partir des deux autres termes.

Même si les conceptions politiques ne diffèrent pas, la terminologie dont on se sert pour désigner une notion peut varier passablement. Par exemple, un projet consistant à élargir une série d’autoroutes dans la province pour faciliter les échanges commerciaux avec les États-Unis et le Mexique en vertu de l’Accord de libre-échange nord-américain a été nommé de différentes façons au fil du temps, notamment « free trade highway » (autoroute du libre-échange), « north-south highway » (autoroute nord-sud), « export highway » (autoroute des exportations) et « Canamex corridor » (couloir Canamex). Au commencement du projet, la plupart des députés parlaient de « export highway » alors que, maintenant, le terme le plus courant est devenu « north-south highway ». Il a donc fallu rajuster les principaux titres et les renvois au fur et à mesure que le débat progressait. Ce type de rajustement est constant lorsqu’on indexe des débats qui se poursuivent.

L’index comporte aussi des titres dont les sous-titres doivent suivre un ordre chronologique plutôt qu’alphabétique. Par exemple, un projet de loi doit franchir cinq étapes avant de devenir loi : première lecture, deuxième lecture, étude en comité, troisième lecture et sanction royale. Selon l’ordre alphabétique normal, l’étape de la troisième lecture se retrouverait au cinquième rang, au lieu du quatrième. Pour rétablir l’ordre chronologique du processus législatif, il faut faire passer la lettre « t » avant la lettre « s ».

En plus des comptes rendus de ses débats, l’Assemblée produit les comptes rendus de ses comités législatifs multipartites, qui se réunissent séparément. Les transcriptions des séances sont préparées de la même façon que pour le hansard et indexées aussitôt que possible. Sur le plan de l’indexation, les sujets traités par ces comités sont beaucoup plus circonscrits que ceux dont discute l’assemblée plénière. Par conséquent, les titres sont aussi plus circonscrits, et ce qui pourrait être un sous-titre dans le hansard devient le descripteur principal dans l’index des délibérations d’un comité.

Depuis quatre ans, le logiciel CindexMD sert à produire tous les index des débats de l’Assemblée et des comités. Pendant les onze années précédentes, c’est un logiciel fait sur mesure qui était utilisé. On l’a remplacé par Cindex parce qu’il donnait des signes de vieillissement et devenait instable. De plus, il fonctionnait à partir d’un système central DOS, et comme l’Assemblée mettait sur pied son propre réseau d’ordinateurs personnels dans un environnement Windows, un changement devenait nécessaire. Après s’être informé au sujet de plusieurs logiciels d’indexation commerciaux, on a choisi Cindex, dont les caractéristiques répondaient le mieux aux besoins.

En session, l’indexation est un travail intensif qui implique des échéances quotidiennes et des demandes parfois très pressantes pour retrouver une citation. Entre les sessions, le travail de rattrapage se fait à un rythme plus normal, mais il reste toujours intéressant. La clé du succès dans l’indexation des comptes rendus parlementaires est la souplesse et le souci d’adapter les méthodes d’indexation aux besoins en constante évolution. Il va sans dire que le plus important demeure l’exactitude des propos et de la source. On ne s’en tirera pas en attribuant des paroles inexactes au mauvais député!

 
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Last updated February 21, 2007.